VISITE AU CHATEAU

5 avril 2012 - 11:52

DE LOCHES

Loches - Patrimoine
Les endroits cachés du Chateau et du Donjon

Quels lieux se cachent derrière les portes fermées au public du Logis royal et du donjon ? Nous y sommes entrés et même passés dans le mur de celui-ci !

Sandrine Le Flohic, directrice de la cité royale, nous ouvre les portes des endroits fermés au public, généralement pour des raisons d'accessibilité et de sécurité.Sandrine Le Flohic, directrice de la cité royale, nous ouvre les portes des endroits fermés au public, généralement pour des raisons d'accessibilité et de sécurité.


Loches -

De grosses clefs pour vieilles portes de bois, comme dans les films, et de petites clefs anodines comme chez vous. Il y a le choix. Nous avons fait celui de celles qui ouvrent les espaces fermés au public, au Logis royal et au donjon. 
Dans le rôle des maîtresses des clefs, Sandrine le Flohic, directrice de la cité royale, et Christiane Alizon, responsable adjointe, ont accepté de nous servir de guides. Nous voilà partis pour une visite d'une heure trente dans six lieux fermés de la cité. Malheureusement, nous n'avons pas trouvé de trésor du roi qui aurait été oublié ou enfoui entre ces pierres millénaires.

à suivre

Un toit en verre sur le donjon ?

Une couverture du donjon est en cours de réflexion. « L'idée serait de faire une couverture plutôt contemporaine, invisible de l'extérieur, pour mieux conserver le donjon. Cette couverture pourrait être en verre », annonce Sandrine Le Flohic, qui verrait bien cette idée finalisée pour 2013-2014.
L'édifice va être à l'honneur l'an prochain quand la cité royale fêtera les 1.000 ans de sa construction (estimé entre 1013 et 1035).

1 - Le quartier des femmes
Le chemin de ronde se situe entre l'ancien pont-levis et la tour Louis-XI.

          Le chemin de ronde se situe entre l'ancien pont-levis et la tour Louis-XI.


Depuis le hall d'accueil du donjon, nous empruntons un petit escalier. Au premier étage, bureau, espace cuisine pour le personnel, rien d'extraordinaire. Nouvel escalier. Nous débouchons sur un chemin de ronde avec, au fond de ce court espace, très peu large, une habitation : le quartier des femmes.

« Avant que cela ne devienne une prison, ce lieu servait à défendre l'entrée du donjon ; nous sommes au-dessus du pont-levis », indique Christiane Alizon. Dans la pièce, trône une grande cheminée qui a été obstruée dans le passé pour éviter les évasions.
La lumière traverse tant bien que mal une large fenêtre protégée par une immense grille de bois. Par rapport aux cachots des hommes, cet éclairage naturel fait grand luxe.
Sur le bas des murs enduits de chaux, résident des traces de goudron.« Pour l'hygiène, pour le nettoyage », précise notre guide. Au fond de la pièce, les latrines. Sur les murs, les détenues ont inscrit bon nombre de graffitis. Dont un« Enfermée pour un mois pour avoir été plumée par une parderix (perdrix) sans plume ». L'incarcération n'empêche pas l'humour.
« C'était une prison royale mixte. Elle a existé du XVe siècle à 1926. Des femmes protestantes y ont été enfermées pendant les guerres de religion. Ou pour adultère… En 1921, une dame a été emprisonnée avec ses trois enfants. »
Le régime alimentaire était spartiate, avec une pitance matin et soir, soupe clair et pain, pomme de terre à midi.« Au XIXe siècle, elles étaient surveillées par la femme du gardien en chef »,indique Christiane Alizon.

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2 - Dans les murs du donjon

Dans ce passage, domestiques et soldats ont gravé de nombreux dessins.Dans ce passage, domestiques et soldats ont gravé de nombreux dessins

C'est sans doute le lieu le plus insolite. Son exiguïté empêche toute visite de masse. Logique : nous sommes carrément dans le mur du donjon !
Pour y accéder, il faut entrer dans l'édifice, monter au premier niveau. Là, sur la droite, une grille de fer ouvre le passage entre les murs.« C'est un couloir de circulation des domestiques. Ils arrivaient avec les plats, au niveau de la grande cheminée, derrière la table du roi. C'était important de montrer que la nourriture venait du roi plutôt qu'elle ne traverse la salle et vienne au souverain », commente Christiane Alizon.
Dans le donjon aux quatre murs haut de 36 m, il faut imaginer la scène. C'est dans ce lieu que le seigneur recevait ses hôtes, festoyait ou rendait la justice.
Revenons au couloir. Les soldats l'empruntaient pour surveiller l'ennemi. Sur la pierre de tuffeau, apparaissent de nombreux graffitis, des dessins souvent à connotation religieuse. Des Christ sur la croix, des visages, des chevaliers, un enfant dans son bain, et même Saint-Michel qui terrasse le dragon.

Loches - Les endroits cachés du château et du donjon
3 - Le chemin de ronde
Ce chemin de ronde, avec ses tours à bec, s'il était restauré, permettrait de rejoindre le donjon.Ce chemin de ronde, avec ses tours à bec, s'il était restauré, permettrait de rejoindre le donjon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sortons des murs (voir 2) et retrouvons la cour du donjon. Direction le Martelet, qui abrite, en descendant, les cachots. Nous, nous montons, passons le long de la toiture du Martelet ajoutée au XIXe
Sous la charpente, une plaque photographique représentant une dame, époque 1920-1930. 
Nous rattrapons le départ d'un chemin de ronde bien abîmé. « On voudrait rénover ce chemin qui allait jusqu'au donjon mais c'est un projet qui peut prendre cinq ans avant d'être engagé », annonce Sandrine le Flohic. L'intérêt serait de proposer un chemin de promenade avec les tours à bec.

 

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4 - Le Logis du Fou
Ce logis doit son nom à la statuette qui orne l'entrée.Ce logis doit son nom à la statuette qui orne l'entrée.

Nous quittons le donjon pour rejoindre le Logis royal. A gauche de celui-ci, une petite maison pleine de charme : le Logis du fou. Du fou du roi ? « Elle porte ce nom car un fou est représenté en façade. Nous n'avons pas d'information sur cette maison. La statue du personnage doit dater du XVIIIe ou XIXe siècle », dit Sandrine Le Flohic.
Aujourd'hui, la maison permet de stocker le matériel de jardinage. Le Logis du fou présente une belle charpente de bois. Le lieu pourrait faire l'objet d'une rénovation mais tout est question de financement…


 

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5 - Sous le toit du Logis Royal
La charpente du XIV<sup>e</sup> siècle du Logis royal n'a pas subi les outrages du temps, à la différence du sol.

 

La charpente du XIVe siècle du Logis royal n'a pas subi les outrages du temps, à la différence du sol.

Une chaînette barre l'accès dans l'escalier du Logis. Tout en haut, une porte ouvre sous deux magnifiques charpentes des XIVe et XVe siècles. Deux réalisations dans un état impeccable, au-dessus de la salle Charles-VIII. 
Mieux vaut suivre nos deux guides : « Attention, le sol est très abîmé ; il y a des trous ! »Compris, nous n'avons pas l'intention de traverser le plafond… 
Dans la partie XVe, la charpente abrite de la laine de verre et de gros tuyaux PVC pour le chauffage. Au-dessus de l'entrée de celle-ci, la charpente vient se poser sur une sculpture représentant un homme, vêtu à l'antique, tuant un lion avec son épée.

 

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6 - La tour Agnès Sorel

L'une des entrées des pièces rondes de la tour Agnès-Sorel.

 

L'une des entrées des pièces rondes de la tour Agnès-Sorel.

 

La célèbre maîtresse de Charles VII a sa tour, située sur la droite, face à l'actuelle entrée du Logis royal. Le reste va être moins glamour. Pourquoi porte-t-elle le nom de la Dame de beauté ? « Parce que son tombeau y était installé », déclare simplement Sandrine le Flohic. 
Pour accéder à la tour, il faut passer par le local de ménage. Elle comprend trois niveaux avec, à chaque étage, une pièce ronde : « Il reste du papier peint d'époque, quand le Logis était occupé par la sous-préfecture (*) ».
Sous les anciennes tapisseries, des graffitis, plutôt récents, datant de 1908, 1945… Une autre page d'histoire, sombre, celle-ci, émerge « La Kommandatur était aussi installée dans le Logis ». On apprend que le buste de Pétain, brisé, a été retrouvé dans les souterrains. 
« Cette tour est complètement à l'abandon. Elle n'a pas d'intérêt particulier. Mais son passé reste mystérieux. Il reste beaucoup de choses à découvrir ici et au donjon », reprend Sandrine Le Flohic.

(*) Au début du XIXe siècle, une partie du Logis royal est utilisée comme tribunal et comme sous-préfecture jusqu'en 1926. Il est ouvert au public depuis 1948.

nous n'avons pas vu…

... le prisonnier fantôme

Une légende raconte qu'un gouverneur plus curieux que ses prédécesseurs eut l'idée de faire ouvrir une porte de fer tellement rouillée qu'il fallut l'enfoncer.
Au fond d'un long couloir taillé dans le roc, se trouvait une cellule. Le gouverneur y aperçut un homme de grande taille assis, la tête entre les mains. Mais, avec l'arrivée de l'air dans l'oubliette, la vision devient poussière et le prisonnier disparut aussitôt.

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