Visite à Tours du Vieux-Tours

27 avril 2012 - 14:00

Connaitre " la place Plumereau "

Tours - Les vies de la place Plumereau
 . La lutte contre les nuisances sonores
Des affiches invitent les visiteurs à baisser le son.Des affiches invitent les visiteurs à baisser le son. - (dr)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le bruit est la nuisance la plus dénoncée (58 %) par les habitants du Vieux-Tours, selon une étude menée en 2002 par des étudiants de l’Institut universitaire de technologie. La mairie met donc régulièrement en place des campagnes anti bruit, sous l’œil vigilant des riverains.

La dernière en date, baptisée Le bruit en sourdine, initiée par Jean-Michel Dubois, conseiller municipal en charge du dossier, a pour objectif de sensibiliser les fêtards : la place Plumereau est aussi un lieu de vie alors il faut baisser le ton et le son. Mais avec seulement quelques affiches disposées aux entrées du Vieux-Tours, l’impact semble limité. « Un soir, vous êtes une dizaine à sortir, vous parlez, vous riez, vous faites un peu de bruit sans faire du grand chamboule, mais cela gêne déjà les habitants », concède l’élu. Des bruits de comportements qui sont gérés par la police.

La chasse aux décibels

Dans le Vieux-Tours comme dans les autres quartiers, il y a des patrouilles quotidiennes, de jour comme de nuit. Nous avons voulu les suivre, mais impossible, faute d’autorisation. Et la police municipale refuse de délivrer des informations spécifiques au quartier. D’abord « parce qu’il n’a pas de particularité », mais aussi « pour éviter les mauvaises interprétations ».

Alors les chiffres donnés sont ceux recensés sur toute la ville. Entre 21 heures et 5 heures, 1242 interventions en 2011 : 831 chez des particuliers, 203 sur la voie publique et 208 auprès des établissements recevant du public. En 2010 la police recensait 872 interventions toutes confondues, 669 en 2009. Concernant la musique, ce sont les inspecteurs de salubrité du service hygiène et environnement de la mairie, armés de leur sonomètre qui vérifient que les établissements n’explosent pas les décibels. « Aujourd’hui environ une plainte par semaine est déposée par les riverains », estime Vincent Gourdy, inspecteur de salubrité. En 2010, elles étaient trois fois plus nombreuses.

Tours - Les vies de la place Plumereau
 . Des fins de soirées très bruyantes

Une fois les bars fermés, de nombreux jeunes sont encore présents place Plumereau. Car pour eux, la soirée, c’est jusqu’au bout de la nuit.

  « C'est à babord, qu'on gueule, qu'on gueule, c'est à babord qu'on gueule le plus fort ! »Deux heures du matin Place Plumereau et les filles affrontent les garçons dans un combat à qui criera le plus fort en plein milieu de la rue.

Depuis le début du printemps, les nuits sont plus douces et on peut facilement prolonger sa soirée dehors. Certains ont même commencé en terrasse de bar :« Pourquoi aller s'enfermer à l'intérieur alors qu'il fait beau, pas trop froid et qu'on peut s'amuser,raconte John, habitué à sortir le jeudi soir.Mais après deux heures du matin(l'heure légale de fermeture des bars, ndlr),si on n’a rien prévu pour consommer, on va vite s'ennuyer. Donc on fait quelques courses avant ! »

« On a passé toute la soirée sur les bords de Loire, sous le pont Wilson et à trois heures du matin, on rentre gentiment en faisant un petit détour par la place Plumereau,relate Marina, entourée ce jeudi soir par une quinzaine d'amis.L'ambiance est toujours festive, même en plein milieu de la nuit, et on peut croiser des personnes que l’on connaît. »

De nombreuses incivilités

Sympathique l'ambiance place Plum' à quelques heures du lever du soleil ? Tout dépend de quel point de vue on se place. Si les jeunes ne comptent pas les heures pour festoyer, cela entraîne de nombreuses incivilités.« J’ai fêté la Saint-Patrick dans le Vieux-Tours(samedi 17 mars, ndlr),et c’était vraiment sale partout dans les rues,raconte Gauthier, 23 ans.Beaucoup étaient malades et il y avait tellement de monde que cela devenait n’importe quoi. Dans certaines ruelles des jeunes urinaient partout. L’odeur restait toute la soirée et les rigoles ne cessaient de dévaler. Le mauvais temps n’arrangeait rien. Il y a des soirs où cela craint vraiment. »

Bouteilles cassées, vomis, hurlements, les incivilités et désagréments vis-à-vis des riverains sont incessants à partir du mercredi soir. Sans toutefois installer un climat délétère et d'insécurité chez les jeunes.« Jamais je ne me suis senti en danger à Plum' la nuit,explique Jean-Baptiste qui, avec son groupe d'amis, traverse le quartier une à deux fois par semaine.J'entends qu'il y a souvent des bagarres dans les rues mais je ne connais personne à qui cela est arrivé. La police fait des tournées en voiture pour voir s'il y a des problèmes et cela dissuade sûrement certains jeunes. » Mais si les patrouilles de police peuvent en effet dissuader, elles ne parviennent pas à empêcher les nombreuses incivilités qui perturbent la vie nocturne du quartier Plumereau. Au grand dam du sommeil des riverains.

 

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 . Alcool nocturne : les épiciers bravent la loi

Depuis 2010, certains épiciers de Tours n’ont pas le droit de vendre de l’alcool entre 21h et 7h. Une prohibition encore peu respectée.

Comme souvent le jeudi, Léa, étudiante en langues à l’Université François-Rabelais de Tours, et ses amis commencent la soirée dans l’un de leurs appartements. Ce soir, c’est elle qui invite. A l’apéro : vodka, bières ou tequila. « C’est un petit peu notre rituel avant d’aller boire un verre à Plum’! ». Mais c'est surtout une question de moyens. Ça coûte beaucoup moins cher que de payer des consommations dans les bars. » Comme beaucoup d’étudiants sans revenus, ces jeunes Tourangeaux trouvent des alternatives pour concilier fête et économies.

Mais ce soir, pas assez de tequila. Il est 22h30 et la petite équipe se rend à l’épicerie du coin, ouverte jusque tard dans la nuit, pour se réapprovisionner. Là, le gérant leurs vend une bouteille sans poser de question. Pourtant, un arrêté délivré par la mairie de Tours en mai 2010 interdit la vente d’alcool à emporter de 21h à 7h dans certaines zones de la ville. Dans les faits, cela n’empêche rien et les jeunes le savent. « On a rarement refusé de nous vendre de l’alcool, et si l’un ne veut pas, nous allons dans une épicerie un peu plus loin », déclare Léa.

Nombre d’épiciers ne tiennent pas compte de l'arrêté et vendent, presque naturellement, de l’alcool chaque nuit. L'un d’eux établi dans le Vieux Tours le reconnaît volontiers : « En général, nous ne respectons pas cet arrêté. C’est une trop grande partie de notre chiffre d’affaire ! Nous avons tous déjà au moins payé une amende. » Selon lui, le texte est « injuste » et les empêchent de travailler. « Si l’État veut qu’on le respecte il n’a qu’à nous indemniser ou nous trouver un autre travail ! » A cela, le commerçant ajoute : « Au moins, les personnes qui viennent nous acheter de l’alcool le consomment chez eux alors que ceux qui boivent dans les bars circulent ensuite sur la voie publique et perturbent le quartier ! ». 

Pour lutter contre l’ivresse sur la voie publique et les troubles à l’ordre public qu'elle engendre, l’arrêté est censé s'appliquer depuis presque deux ans et également pour répondre aux plaintes des riverains outrés par certains comportements. Malgré les contrôles de police, les épiciers continuent de braver l’interdiction. Jusqu’ici les amendes ne semblent pas inquiéter les commerçants. Peut-être que la multiplication des sanctions et plus loin, des fermetures temporaires allant jusqu’à trois semaines, décourageront les plus téméraires.

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 . " Les jeunes recherchent l'ivresse "

Entretien avec Anne-Marie Lehr-Drylewicz, médecin généraliste et professeur de médecine générale à la faculté de Tours.

Selon la spécialiste, les jeunes boivent de plus en plus tôt.Selon la spécialiste, les jeunes boivent de plus en plus tôt. - (dr)

Constatez-vous une évolution récente dans le rapport des jeunes (16-25 ans) à l’alcool ?

Le fait que les jeunes boivent n’est pas un phénomène nouveau. Par contre, on peut noter certaines évolutions. Ils commencent à boire plus jeunes, plus souvent et en plus grosse quantité. Ils sont dans une recherche d’ivresse.

Quelles sont les spécificités de la consommation de ces jeunes par rapport aux adultes ?

La différence c’est la découverte, l’envie de tout tester. D’où une certaine « poly-addiction ». Ainsi certains jeunes vont boire mais aussi essayer la cigarette et parfois consommer des stupéfiants (cannabis, champignons hallucinogènes) dans l’optique de découvrir de nouvelles sensations ou de se sentir appartenir à un groupe social. Les adultes préfèrent le vin aux alcools plus forts.

Y a-t-il des différences notables dans les modes de consommation chez les jeunes ?

Tant que les jeunes sont dans une dynamique d’études ils ont des pratiques plus ou moins similaires en terme de consommation d’alcool. De nos jours les jeunes filles boivent autant que les garçons et toutes les catégories sociales se retrouvent dans les bars. Les différences socioculturelles s’afficheront plutôt dans le type d’alcool commandé (vin, whisky contre bière et shooters).

Quels sont les risques de ces comportements ?

Mis à part les risques connus comme les accidents de voitures ou la perte totale de contrôle, il faut rappeler que nous sommes tous inégaux devant l’alcool. Certains vont en consommer régulièrement sans jamais devenir dépendant tandis que d’autres vont développer rapidement une addiction. De plus, il y a en France, une question de santé publique. L’alcool est culturellement associé à la fête. Il faut agir en amont, les parents doivent comprendre que faire goûter du vin à un enfant de 12 ans n’est pas anodin, c’est un geste qui peut lui donner le goût de l’alcool (et qui n’a aucune efficacité préventive contre les potentiels abus futurs).

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 . Place Plumereau : The place to be* !

Les jeunes Tourangeaux aiment se retrouver pour faire la fête. Le Vieux-Tours est l’endroit le plus prisé par ces consommateurs.

Depuis le mois de mars, les terrasses sont pleines chaque soir.Depuis le mois de mars, les terrasses sont pleines chaque soir. - Photo Aude Loyer-Hascoët


 

La place Plum’ est le seul endroit qui bouge à Tours pour les jeunes donc on se retrouve souvent là-bas avec les collègues de notre promotion. » Comme beaucoup de jeunes tourangeaux, Anne (20 ans) étudiante à l’IUT de Tours, apprécie sortir s’aérer l’esprit avec ses amis, comme en cette belle fin d’après-midi où le soleil rayonne sur toutes les terrasses.

Avec l’arrivée des beaux jours et sa grande concentration de bars, le quartier devient l’endroit où tous les jeunes tourangeaux aiment se retrouver. Autour d’un café ou d’un diabolo, les discussions fusent. Plus une chaise de libre et un gentil brouhaha, pas de doute, nous sommes bien sur la place Plum’.

“ Début de soirée à l’appart’ pour économiser ”

Après une ambiance détendue et agréable l’après-midi, les choses changent dès le début de soirée. De nombreux jeunes arrivent en fin de journée avec déjà leurs petites habitudes. « On aime bien sortir ici le mercredi », explique Julie, assise avec deux amis à la terrasse de La Belle Époque. Un peu de vin, quelques cocktails, mais surtout de la bière garnissent désormais les tables. « Ici, l’ambiance est sympa, conviviale et ça permet de se voir dans un autre contexte que celui de la fac », sourit Julie en allumant sa cigarette.

« Nous, le mercredi, on va au Canadian Café, c’est “ The place to be ”, sourit Martin (23 ans), étudiant aux Tanneurs, une pinte de bière à la main. Il y a des réductions, notamment sur la bière, et cela vaut vraiment le coup. Regardez le monde qu’il y a ici. On peut y aller à plusieurs et consommer sans que cela nous revienne trop cher », poursuit le jeune homme qui se fraye difficilement un passage dans la masse jusqu’au bar.

Pour dépenser moins, Pierre (18 ans), étudiant à l’IUT, préfère « faire les soirées dans un appartement avant, en achetant des bouteilles moins chères. On va seulement ensuite à Plum’, pour prendre la température avant d’aller en discothèque. » Et ce jeudi, la température semble bien chaude. « Quand on voit le monde qu’il y a devant l’Excalibur, on se dit que la soirée va être bonne », s’enthousiasme le jeune homme rejoignant ses amis le sourire jusqu’aux oreilles.

Un quartier qui plaît aux jeunes

Les étudiants veulent consommer à moindre prix, alors que certains jeunes, qui travaillent déjà, « n’hésitent pas à déguster des cocktails dans les bars puis des bouteilles dans les discothèques », explique Louis (23 ans), sirotant une pina colada à la terrasse du Carré Blanc. « Nous, on aime bien acheter des girafes de cinq litres de bière ou des mètres de shooters (12 petits verres d’alcool fort) », ajoute pour sa part Thibaud (21 ans) jeune opticien depuis cette année, entre deux verres de vodka avalés cul-sec.

Pas de doute, le quartier du « Vieux-Tours » plaît aux jeunes. Peu importe qu’ils soient salariés ou étudiants et que leurs modes de consommations divergent, ils gardent le même point de ralliement, la place Plumereau, qui reste le cœur de la vie nocturne tourangelle.

 

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 . Un quartier aux multiples mutations

Mathieu Gigot, doctorant en géographie à l’université François-Rabelais de Tours travaille sur les politiques du patrimoine de la ville.

Mathieu Gigot est doctorant en géographie.Mathieu Gigot est doctorant en géographie. - (dr)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelle dynamique sociale a-t-on pu observer après la restauration du Vieux-Tours ?

Des classes sociales aisées se sont installées au détriment des plus populaires. C’est très visible à la fin des années soixante-dix\$dans le quartier Plumereau. Les émigrés portugais qui y vivaient ont été remplacés par des professeurs, des avocats, etc. dans les bâtiments restaurés devenus agréables à vivre d’un quartier ancien et joli. De plus, il y a eu un processus d’incitation fiscale: les nouveaux propriétaires pouvaient déduire le montant des travaux de leurs impôts, à condition qu’ils mettent leurs biens, qu’occupent aujourd’hui des étudiants, en location.

Quels changements la restauration a-t-elle provoqué sur le plan commercial ?

Tout dépend du quartier. Côté cathédrale, la dynamisation commerciale est restée faible. On y a conservé le commerce de proximité, à part dans la rue Colbert. La place Plumereau, quant à elle, est devenue le lieu incontournable pour les étudiants tourangeaux et les touristes. Elle est désormais connue pour ses bars et ses restaurants, alors qu’on y trouvait plutôt des petits commerces de proximité (pharmacie, boucherie, boulangerie, etc.) dans les années soixante.

Beaucoup de Tourangeaux semblent déplorer la fréquentation du quartier Plumereau. Peut-on parler d’un effet pervers de la restauration ?

Les mutations commerciales engendrées par la création du secteur sauvegardé, comme l’explosion du nombre de bars et de restaurants dans les années quatre-vingt, nous ont sans doute un peu dépassés. Ce quartier attire tellement de gens que l’on a des conflits d’usage. L’usage des loisirs prend le dessus sur celui de l’habitat et les riverains sont ennuyés par le bruit toute la semaine, en particulier tard le soir. Il leur est difficile d’habiter le quartier tout en supportant cette valeur de loisirs. En même temps, cette dernière ramène beaucoup d’argent à la fois aux commerçants et à la Ville grâce le tourisme. Au final, parler d’effets pervers est sans doute exagéré.

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 . Véronique Archambault raconte Plumerteau

Véronique Archambault est arrivée dans le quartier Plumereau en 1963. Elle a quitté l'hôtel Binet de la rue Paul-Louis-Courrier pour rejoindre un appartement place Plumereau que son mari, un architecte tourangeau a fait restaurer. Au fil des années, elle a vu le quartier évoluer.

                                           Tours - Les vies de la place Plumereau
       .Retour sur les débuts de la restauration    

Françoise Panterne, adjointe chargée du patrimoine historique de Jean Royer de 1983 à 1995, revient sur les débuts de la restauration du Vieux-Tours et sur l'intervention de Pierre Boille et Jean Royer, élu maire de Tours en 1959.

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    .  Plumereau devenu l'incontournable

Le quartier Plumereau n’a pas toujours été entretenu et agréable à visiter. Retour sur sa restauration et sa transformation.

La place Plumereau est une zone piétonne depuis 1985. Avant cette date, c’était un parking.La place Plumereau est une zone piétonne depuis 1985. Avant cette date, c’était un parking. - . (Photo Jessica Ibelaïdene)

 

 

 

 

 

 

 

 

« Sans un plan de sauvegarde du Vieux-Tours et de son patrimoine, le quartier Plumereau aurait été en partie détruit tant il était insalubre dans les années cinquante », explique Mathieu Gigot. Pour montrer à des étudiants tourangeaux à quoi il ressemblait avant sa restauration, dans les années soixante, ce doctorant en géographie s’improvise guide. Avant de le suivre dans ces rues, ces jeunes imaginaient-ils ce qu’étaient la place Plum’ et ses environs, lieux qu’ils fréquentent pourtant régulièrement entre amis, au sortir de la guerre ?

Quartier de taudis

Véronique Archambault s’en rappelle bien. Elle habite le quartier depuis 1963. Rue Paul-Louis-Courrier, devant la porte qui cache désormais des yeux des passants l’hôtel Binet où elle a vécu une dizaine d’années, elle se souvient avec un brin d’émotion : « Il n’y avait pas de douche et les toilettes étaient dans la cour. Le tout-à-l’égout n’existait pas.  On voyait des nouilles flotter le long des trottoirs». À cette époque, « venir dans les rues adjacentes de la place Plumereau, c’était presque être kamikaze. C’était mal fréquenté ».

Des élus n’hésitaient pas à qualifier le quartier de taudis et souhaitaient le remplacer par des logements neufs. C’était sans compter sur le plan de restauration et de réhabilitation initié par un architecte, Pierre Boille. Pour lui, il fallait sauvegarder le patrimoine architectural et le remettre en valeur. Jean Royer, maire élu en 1959, a approuvé son projet. Les travaux ont commencé au milieu des années soixante.  Ils ont pris fin près de trente ans plus tard, dans les années quatre-vingt-dix.

Les étudiants succèdent aux touristes

Avec la restauration, l’ambiance change et le quartier devient petit à petit le point de rendez-vous des Tourangeaux et des touristes. Aux nombreux commerces de proximité se sont substitués restaurants et cafés. Pour Mathieu Gigot, ce changement est dû à plusieurs phénomènes : la construction de la faculté des Tanneurs dans les années soixante-dix et l’arrivée d’habitants issus de classes sociales plus aisées.

De plus, ce quartier historique attire les touristes et, comme l’explique Patrice Desbourdes, directeur du service urbanisme de la Ville, ils « demandent à manger et à boire.D’où l’ouverture et la concentration des cafés et restaurants. Le soir, les étudiants prennent le relai ».

Cette dynamique n’était alors pas du goût de tous et certains élus ont tenté de la freiner. Parmi eux, Françoise Panterne, adjointe de Jean Royer, chargée du patrimoine historique, de 1983 à 1995. Elle souhaitait limiter l’installation de bars et de restaurants dans le secteur, sans succès. Malgré tout, elle reste attachée à l’histoire de ces lieux. L’ancienne élue regrette la tournure qu’a pris le développement de la Place Plum’ et ses environs mais reconnaît volontiers que « ce ne sont pas les jeunes qui y ont amené les mauvais côtés qu’on remarque aujourd’hui ».

                                                                      . Vieux Tours  

Tours - Société

Pendant quatre jours, vous découvrirez les coulisses du « Vieux-Tours ».

Pendant quatre jours, vous découvrirez les coulisses du « Vieux-Tours ».

Tous les soirs, le quartier du Vieux-Tours s'anime. Entre les patrons de bar, les épiciers, les fêtards et les riverains, le dialogue n'est pas toujours facile. Faut-il interdire le bruit après 21 heures au risque de priver le quartier de son caractère festif et de son attractivité ? Son attrait touristique peut-il justifier la dégradation du cadre de vie de ses habitants ? Autant de questions qui expliquent les bras de fer répétés entre autorités et usagers.

Pendant un mois, dix étudiants de l'École publique de Journalisme de Tours ont enquêté au cœur de ce quartier emblématique de la cité tourangelle. Ils ont tenté de cerner les revendications des différents acteurs, de comprendre l'esprit du lieu, d'en saisir les multiples ambiances afin de dresser un portrait objectif du Vieux-Tours. L'enquête est centrée sur les comportements des jeunes entre 16 et 25 ans dans ce quartier, leurs conséquences et les relations entre les acteurs.
Dans ce dossier spécial, vous découvrirez comment le quartier Plumereau est passé d'un endroit insalubre et voué à la destruction à un lieu incontournable de la vie tourangelle.

Vous entrerez dans l'ambiance de la place Plum' avec les jeunes qui l'animent. Puis, les étudiants reviendront sur l'impossible cohabitation entre riverains, cafetiers et fêtards. Enfin, Aurélie Simon, accueillante à l'espace santé jeune de Tours, apportera un éclairage nouveau sur le rapport des jeunes à l'alcool.

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